Le moins que l’on puisse dire, c’est que je me suis bien planté dans mes pronostics : trois erreurs aux trois postes sujets à incertitudes, le mauvais résultat, le mauvais score et le mauvais buteur… A l’instar de l’équipe de France, c’est une rencontre à oublier au plus vite pour moi. Et pourtant, la confiance régnait autant dans mon esprit que dans les vestiaires des Bleus. Même le Stade de France à guichets fermés semblait croire à une réconciliation nationale les premières minutes de la rencontre passée.

Comme annoncé par Lucescu, les Roumains sont entrés sur le terrain avec l’envie de rentrer dans les Français. Gourcuff, Toulalan et Diarra sont mis sous pression, généralement pris par deux adversaires. Intelligemment, et surtout parce que le 4-3-3 le demande, ce sont les latéraux qui vont soulager tout le monde en apportant le surnombre sur les côtés. Evra et Sagna jouent très haut et permettent aux Bleus de créer des décalages, avec plus ou moins de succès derrière. Preuve de cette préférence à jouer sur les côtés, c’est Jérémy Toulalan qui se charge de la première relance, les deux latéraux se trouvant parfois à la même hauteur qu’Anelka et Henry. Dans des équipes qui privilégient le jeu axial, comme Bordeaux, c’est souvent un joueur de couloir qui s’en charge.
Evra et Sagna dédoublant régulièrement, Henry et Anelka repiquent dans l’axe entre les deux lignes roumaines pour foutre le bordel. Les deux autres offensifs, Gignac et Gourcuff prennent les espaces délaissés et offrent des solutions. Des joueurs en mouvement, un ballon qui vit enfin, la France semble avoir trouvé une formule offensive qui marche. Ce quatuor est soutenu par Lassana Diarra qui a dû enfiler son maillot du Real sous le maillot Bleu : évoluant véritablement aux côtés de Yoann Gourcuff lors des phases de construction, le Madrilène brille par ses dribbles et surtout la qualité de son jeu long, très complémentaire des atouts de son partenaire Gourcuff.
Pendant toute une mi-temps, tout ce petit monde offre un spectacle comme le Stade de France n’en avait plus vu depuis plusieurs mois. Les occasions se multiplient sur le but roumain mais aucune ne finit au fond, la faute à Coman (le gardien) et à un certain manque de réalisme des Bleus. A défaut de craquer dans le jeu, les Roumains encaissent l’ouverture du score au retour des vestiaires sur corner (48e). De quoi regretter leur seule occasion de la première période(une frappe de Marica au ras du poteau après un duel perdu par Escudé) ? Pas longtemps puisque le Sévillan va remettre lui-même les équipes à égalité en déviant un centre dans ses propres filets (55e).
Le tournant du match arrive une minute plus tard. Peu en réussite ce soir, André-Pierre Gignac est remplacé par Franck Ribéry. Le Toulousain évoluait en pointe, Anelka et Henry faisaient leur match sur les côtés, derrière le trio Toulalan-Diarra-Gourcuff fonctionnait : pourquoi faire entrer un joueur au profil complètement différent de Gignac alors que Benzema est sur le banc de touche ? J’ai passé le reste de la rencontre à chercher une explication tactique plausible, au moment d’écrire ces lignes, je n’ai qu’une hypothèse : le but encaissé a chamboulé les plans de Domenech. Benzema devait rentrer, poste pour poste, profil pour profil… Mais le sélectionneur a préféré miser sur un exploit individuel plutôt que de faire confiance à un collectif qui fonctionnait pendant une demi-heure de plus.
Hyperactif, Ribéry perturbe complètement un schéma qui avait jusqu’ici défini des rôles très précis. Entré en jeu sur l’aile droite, le Munichois se retrouve quelques minutes plus tard dans la zone de Yoann Gourcuff. Le Bordelais disparaît de l’entrejeu et sort quelques minutes plus tard. Dans le même temps, Diarra (qui jouait au même niveau que Gourcuff, je vous le rappelle) recule pour finir la dernière demi-heure sur la même ligne que Jérémy Toulalan. L’entrée de Benzema offre à Ribéry le poste de numéro 10… Mais le soi-disant leader de l’équipe de France finit la rencontre sur l’aile gauche. Et les Bleus terminent en 4-2-4, tout le monde misant sur un exploit individuel pour arracher la victoire. Exploit qui, bien sûr, ne viendra pas face à des Roumains bien regroupés.
France-Roumanie ou comment se saborder en 30 minutes, j’aurais pu la titre comme ça cette analyse. Face A (55 minutes), une équipe de France attrayante, la plus belle que l’on ait vu depuis le début de ces éliminatoires. Face B (35 minutes), des Bleus coupés en deux et entièrement dépendants du talent de certains. Je ne pense pas avoir besoin de vous faire un dessin. Trois fautifs selon moi : le sélectionneur qui a eu la mauvaise idée de changer de face, la fausse note d’Escudé qui lui en a donné envie (peut-être, c’est ma supposition) et Ribéry le soliste à l’origine de la cacophonie de la fin de rencontre. C’est con, on aurait pu parler de récital sans ça…



Tout bon jusqu’à ton passage sur Ribéry que tu attaques sans raison. Il fait ce qu’on lui demande. Domenech le fait entrer pour l’exploit, il essaye.
Je trouve quand même incroyable de la part d’un mec qui veut devenir journaliste ce manque d’objectivité…Reply – Quote
Twitter: PakitoEu
@Supra : Je ne cherche pas à prendre parti pour Florent, mais tu t’enflammes un peu. Il ne critique pas Ribery, et surtout pas histoire de critiquer. Il s’en prend aux choix de Domenech, et je suis totalement d’accord avec lui (et nous avons d’ailleurs vu le match entre potes, 3 à lire l’article ensuite, 3 à être totalement d’accord !).
Il faut reconnaitre que le sélectionneur a fait le pitre : on a un schéma qui fonctionne à merveille avec un Toulalan à sa place, un Lassana Diarra magique, et qui est monté d’un cran pour étoffer son rôle de relayeur, Gourcuff complétant le trio a su faire de bonnes passes, et devant, on avait pas vu autant d’occasions depuis, il me semble, le match contre le Togo en 2006 …
A ce moment là, quand tu vois que ton schéma fonctionne à merveille, tu fais des changements poste pour poste, tu fous pas tout en l’air. Anelka a fait, selon moi, un match très moyen et bien en dessous de ses partenaires offensifs, il a manqué sérieusement de vision du jeu, d’altruisme, de générosité … A ce moment là, tu le fais sortir pour foutre Ribery, et ça continue d’être bien, et peut être même mieux.
Mais faire ce choix là, puis sortir ensuite Gourcuff pour que Ribery change encore de poste, obliger Diarra a redescendre à hauteur de Toulalan, et ne plus avoir d’occasions réellement dangereuses … mouais. Domenech a merdé !
Mais Ribery en aucun cas, je suis totalement d’accord pour dire qu’il a fait ce que Raymond lui a demandé. Et c’est au coach que revient la faute.Reply – Quote
Ba lis bien son article, rois fautifs selon moi : le sélectionneur, la fausse note d’Escudé et Ribéry..
Et puis, nous avons discuté ensemble hier soir, il a effectivement une dent contre Ribéry ^^
Mais sur le reste, je suis totalement d’accord avec vous!Reply – Quote
Twitter: flotoniutti
Ma dent contre Ribéry ne me rend pas plus sévère avec lui sur ce match. Oui, il y a les consignes de Domenech : au moment où il entre en jeu, le sélectionneur lui aurait donc dit un truc du genre « fais-nous gagner ce match, par n’importe quel moyen. » Je ne fais que supposer hein, supposition basée sur l’activité de Ribéry sur la pelouse ensuite, mais ce genre de consignes rendrait le coaching de Raymond encore pire.
Et Supra, Ribéry « que j’attaque sans raison », faut arrêter. La France a perdu tout collectif au moment où il est entré en jeu. Que ce soit Raymond ou lui, les torts sont partagés. Un grand joueur apporte beaucoup lorsqu’il entre en jeu. Ribéry a complètement désorganisé l’animation française et n’a rien réussi sur le plan individuel, faudra d’ailleurs qu’on lui dise son côté « sauveur de la patrie » risque de devenir ennuyeux à la longue. Alors contre la Lituanie, c’est passé ; la Roumanie c’est un tout autre niveau, encore inférieur à la Serbie. Désormais j’attends de voir la composition de mercredi, Ribéry va sans doute débuter, on verra si on joue aussi proprement que lors des 55 premières minutes de ce samedi.Reply – Quote
Twitter: PakitoEu
On va résumer / conclure en disant que les torts sont partagés ouais. Que ce soit Raymond avec ses changements foireux et ses (probables) consigne absurdes, ou Ribery qui s’est donné la mission de faire la différence tout seul, ça a tout fait foirer.
Ce qui me chagrine, c’est que quand on voit le Ribery du Bayern du week end dernier, son entente parfaite avec Robben qu’il vient de découvrir, son impulsion sur le jeu, toutes ces choses qui font de lui un joueur exceptionnel, on se demande comment est-il possible qu’en équipe de France il ai démoli le collectif …Reply – Quote
Bien le site, les articles sont intéressants.
J’ai trouvé Anelka trop personnel.
Je n’ai pas compris le changement de tactiques et les remplacements.
Les déclarations d’Henry à la presse montre un manque d’enthousiasme de la part de certains joueurs. Je souhaiterai que Domenech quitte le navire.Reply – Quote
[...] Coaching du dimanche [...]Reply – Quote
[...] été extrêmement dense sur le blog en témoigne la liste des matchs que j’ai pu regarder : France-Roumanie, Argentine-Brésil, France-Ukraine Espoirs, Serbie-France, Bordeaux-Grenoble, Monaco-Paris SG, [...]Reply – Quote