Analyse France – Afrique du Sud : Une baffe et Na !

Il n’y a pas donc pas eu de miracle : l’équipe de France a dit adieu à la Coupe du Monde ce 22 juin 2010 aux alentours de 18h. Tout au long de la compétition, ils avaient manqué de tout ou presque. Pourtant, ils pouvaient s’en sortir avec les honneurs face à l’Afrique du Sud. Il n’en a rien été, au prix d’un match dont le déroulement m’a énormément fait penser au France-Italie de 2008. Une expulsion rapide et le néant derrière, ou presque. e-foot sort de sa torpeur (je bosse, que voulez-vous) et envoie son analyse.

La feuille de match :

On attendait les coups de fusil au moment de la liste, ils ont finalement eu lieu lors du troisième et dernier match de poule. Exit Evra, Abidal, Anelka (évidemment) ou encore Malouda du onze de départ, Gourcuff reprend sa place dans ce qui ressemble à un 4-2-3-1 en phase défensive (bien que le Bordelais descende régulièrement aidé ses partenaires). Dans l’animation, seul Ribéry semble fixé sur le flanc gauche. Gourcuff crapahute sur toute la largeur du terrain (et la longueur aussi). Gignac et Cissé se partagent les tâches devant au moment de solliciter des ballons dans la profondeur. Diaby joue les pistons en réponse aux déplacements de Gourcuff et Diarra reste devant sa défense centrale. Les deux latéraux, Sagna et Clichy sont très prudents. L’Afrique du Sud répond par un 4-4-2 des plus classiques avec des milieux excentrés n’hésitant pas à se recentrer pour ouvrir le couloir à leurs partenaires.

Première mi-temps :

3′ : On observe un jeu très direct côté français. Gignac et Cissé sont très mobiles et sollicitent des ballons qui sautent le milieu de terrain sud-africain. Fini la possession, place au jeu direct. Les Bleus sont coupés en deux : quatre joueurs participent aux offensives et cinq défendent Gourcuff jouant les relais.

8′ : Domenech avait annoncé qu’il ferait sa compo. Gallas est axe gauche. L’aurait-il vraiment fait ?

12′ : Le rythme du match se calme. Les deux équipes assurent quelques sessions de possession de balle. On peut enfin observer le jeu des permutations côté français. Ça reste basique : lorsque Gourcuff décroche pour organiser le jeu, Diaby monte d’un cran. Idem lorsque Ribéry redescend, Clichy prend le couloir. Les déplacements de Gignac posent problème à la défense sud-africaine alors que Cissé prend le rôle de l’attaquant fixe.

20′ : Ouverture du score sud-africaine sur un corner. Celui-ci résulte de l’énorme problème qui se pose au milieu des Bleus : le travail dans l’axe constant de Steven Pienaar. Positionné à droite sur la feuille de match, le milieu repique et apporte le surnombre face à Diarra/Diaby. Sans le ballon, ses courses ouvrent le couloir à Mphela qui travaille sur Gallas/Clichy ou Ngcongca (le latéral) qui apporte souvent le surnombre. Lorsqu’il est servi, il joue les relais au sol vers ses attaquants et se transforme en véritable numéro 10 lorsque l’Afrique du Sud approche la surface française.

27′ : Le coude de Gourcuff frappe violemment la machoîre de Sibaya. Carton rouge.

32′ : La France ne change rien à son schéma. Gignac pousse un peu plus le repli défensif et le tout ressemble à un 4-4-1. Personnellement, je m’attendais à un Ribéry axial et plus haut , Gignac et Cissé en pointe et des latéraux plus entreprenants. On doit gagner ou non ?

37′ : 2-0 pour l’Afrique du Sud. Grossière erreur de placement de Sagna au départ qui ouvre le couloir à Tshabalala. Diaby manque son renvoi qui atterrit dans des pieds sud-africains. Centre en force. Tout le monde passe au travers excepté Mphela qui met (péniblement) le ballon au fond des filets.

42′ : Le 4-4-2 sud-africain donne une vraie leçon de simplicité aux Bleus. Mon côté bordelais me pousse à me souvenir du schéma qui a fait décrocher le titre aux Girondins en 1999. Même genre : des milieux excentrés qui jouent les meneurs en repiquant dans l’axe pour ouvrir les couloirs aux latéraux et aux déplacements des attaquants. Un grand classique. Côté Français, Gignac, Cissé et Ribéry sont beaucoup trop éloignés pour pouvoir combiner efficacement devant. Et le soutien ne vient plus de derrière. On comprend vite…

Deuxième mi-temps :

46′ : Malouda remplace Gignac. J’obtiens la moitié de ce que j’espérais à la demi-heure de jeu : Ribéry se rapproche de l’attaquant de pointe (toujours Cissé) et s’installe devant un milieu à trois avec Malouda à gauche, Diaby à droite et Diarra devant sa défense. Résultat des premières minutes de ce schéma ? Cissé est complètement seul devant et le milieu a perdu en rigueur défensive. Diarra est dépassé par les incursions de Tshabalala et Pienaar. Parker trouve le poteau de Lloris sur un service plein axe du genre…

54′ : Thierry Henry remplace Djibril Cissé juste après le premier bon mouvement offensif des Bleus. Partant de la gauche vers la droite, il passe par une montée de Sagna après un renversement de jeu de Malouda. Tiens, ça me rappelle quelque chose (voir 32′).

66′ : L’entrée en jeu de Thierry Henry colle plutôt bien avec la nouvelle formation des Bleus. L’attaquant du Barça n’hésite pas à quitter son poste en pointe pour redescendre et permettre à l’équipe de remonter proprement tout le terrain en jouant court et juste. Et oui, celle-ci joue très bas en raison de l’infériorité numérique. Quand Henry décroche, c’est Ribéry qui reste en pointe et joue les relais capables d’accélérer dans le premier quart de terrain sud-africain.

70′ : La France réduit le score grâce à plusieurs facteurs. D’abord le très bon travail de Diaby sur le côté droit qui ouvre le terrain à Sagna. Le latéral des Gunners avance sans être attaqué et bénéficie de l’appel côté gauche de Henry qui lui ouvre des espaces devant lui pour servir Ribéry. Le joueur du Bayern remet dans l’axe pour Malouda qui s’est engouffré entre les deux centraux qui se préoccupaient plus du déplacement de Henry que de lui. 2-1, l’honneur n’est pas sauf mais c’était l’une des plus belles actions collectives de ce Mondial.

La conclusion :

Domenech ne salue pas Parreira. La classe alors qu’il vient de prendre une leçon. L’entrée en jeu de Thierry Henry laisse d’énormes regrets quant à ce qu’aurait pu être l’animation bleue avec le Barcelonais en pointe d’entrée. Sans parler de franchir le premier tour vu le niveau défensif, une attaque avec un Henry comme on l’a vu sur la dernières demi-heure de ce match aurait permis aux Bleus de sortir avec un peu plus de panache.

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2 réponses

  1. Guess dit :

    Tes analalyses sont toujours au top.

    Sache qu’on attend toujours tes articles mes potes et moi alors même s’ils se font rares ces temps-ci, ne t’arrête pas en si bon chemin.

    Eclaire nous avec ta vision du jeu et ton sens tactique fabuleux pour mieux comprendre ce fabuleux sport qui est sali en ce moment malheureusement.

    Mais n’oublions pas que seul le JEU est important. Only THE GAME counts…

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