Samba do Rosario

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La France n’est pas la seule « grande nation du football » à galérer pendant cette campagne éliminatoire. Outre le Portugal, en très mauvaise posture dans le groupe 1 de la zone Europe, l’Argentine tremblera jusqu’à la dernière journée. Actuellement dernier qualifié direct de la Zone Amsud, les hommes de Maradona n’ont que deux points d’avance sur l’Equateur (cinquième et barragiste) et la Colombie (sixième et premier non-qualifié). Pour ne rien arranger, l’Albiceleste a pris une véritable leçon de football de la part du rival Brésilien la nuit dernière.

Un résumé rapide avant de rentrer dans les détails. D’un côté, une Argentine qui monopolise le ballon ; de l’autre, un Brésil qui maîtrise la partie. Au passage, beaucoup de gens se demandent quelles autres grandes nations jouent avec deux milieux récupérateurs, le Brésil le fait très bien avec Gilberto Silva et Felipe Melo. Bref, les Argentins tentent d’attaquer mais le Brésil contre et trouve le chemin des filets sur coups de pied arrêtés, d’abord par Luisao (24e) puis Luis Fabiano (30e). En deuxième mi-temps, Datolo réduit le score sur une merveille de frappe (66e) mais très vite, Luis Fabiano profite d’un contre-caviar de Kaka pour achever les locaux (68e). Le fossé entre les deux équipes étaient vraiment trop grand.

Les Argentins sont pourtant bien entrés dans le match. Tous ont exercé un important pressing dans la moitié de terrain brésilienne. Lorsqu’ils ont le ballon, on retrouve même des bribes du fameux « Toque argentin » fait de passes courtes et de la recherche constante du déséquilibre. Les ailiers (Maxi et Datolo) décrochent énormement pour multiplier les passes, Messi joue l’électron libre entre les deux lignes brésiliennes, Veron dans le rond central fait office de plaque tournante. Sans véritable attaquant de pointe (Tevez joue quasiment ailier droit), les Argentins comptent sur la projection de tout ce beau monde dans la surface pour finir un travail offensif généralement lancé par des accélérations plein axe de Messi.

Mais en face, si Dunga a bien réussi une chose, c’est faire défendre la Seleçao. Il a d’ailleurs été assez critiqué pour cela. Soutenu en plus par Elano, les six défensifs contiennent sans trop de souci les attaques adverses. Incapables de créer des décalages, les attaquants argentins sont pris dans un entonnoir devant la surface brésilien, Gilberto et Felipe Melo s’occupent de repousser Messi vers les côtés où il est souvent pris à deux avec l’arrivée au duel du latéral. C’est simple, seul Heinze prend parfois son couloir pour adresser des centres au troisième poteau… De toute façon, ce n’est pas Messi, Tevez ou Datolo qui vont prendre des ballons dans les airs face à Luisao ou Lucio.

Sans solution devant, les Argentins laissent de plus en plus d’espaces pour les contres adverses. Et lorsque les attaquants se nomment Kaka, Robinho ou Luis Fabiano, ça va très vite. C’est sur l’une de ces remontées rapides que les Brésiliens obtiennent le coup-franc qui amène l’ouverture du score. Sur celle-ci, le marquage défaillant de la défense argentine confirme qu’il y a bien pire que l’équipe de France sur ces phases de jeu. Même topo sur le second but brésilien où Luis Fabiano peut tranquillement pousser le ballon au fond des filets au milieu d’Argentins complètement passifs. En sept minutes, la rencontre est pliée et l’Albiceleste a perdu son jeu. Envolés la Grinta et le Toque, la sélection de Maradona ne s’en remet plus qu’aux tentatives individuelles.

Au retour des vestiaires, l’entrée de Aguero va changer les choses. Fini le 4-4-1-1, place à un 4-3-3 qui va enfin mettre les couloirs à contribution comme va le prouver le premier quart d’heure. Les trois attaquants de poche jouent dans des petits périmètres à l’entrée de la surface brésilienne avant de chercher Heinze à gauche et Veron à droite (à défaut de Zanetti qui surveille encore Robinho) pour tenter de transformer tout ce travail de fixation en occasion de but. Malheureusement pour eux, Messi, Tevez et Aguero n’ont pas pris 20 centimètres en une mi-temps et les centres sont renvoyés, parfois non sans mal, par la défense brésilienne. L’entrée de Milito quelques minutes plus tard ne change pas la donne.

Quand ça ne veut pas se débloquer collectivement, on s’en remet aux individualités. Au milieu des Aguero, Messi et autres Veron, c’est le moins connu, Datolo qui va relancer l’Argentine en expédiant un missile dans la lucarne gauche de Julio Cesar. Il peut d’ailleurs remercier les mouvements de ses trois attaquants qui lui ont permis d’allumer sa mèche sans des 25 mètres sans aucune pression. On croit le match relancé mais c’est sans compter sur Kaka. Depuis la reprise, le 4-3-3 argentin trouve des espaces mais en laisse beaucoup derrière. Jusqu’alors soutenu par Datolo, Maxi et Veron, Mascherano se retrouve souvent seul dans la zone de Kaka. Quatre minutes après le but argentin, le meneur brésilien lance Luis Fabiano qui profite de la naïveté de la paire Dominguez-Otamendi pour finir le travail.

Le dernier quart d’heure est anecdotique. L’Argentine est KO debout après ce troisième but malgré quelques spasmes en attaque et le Brésil se contente de gérer sans véritablement tenter d’enfoncer un peu plus le clou. A l’arrivée, j’ai surtout impressionné par la solidité du Brésil, qui m’a paru encore plus fort que lors de la Coupe des Confédérations l’été dernier. Kaka est un contre-attaquant exceptionnel et a tout pour être le Grand Monsieur de la prochaine Coupe du Monde dans le système Dunga. L’Albiceleste, elle, m’a rappelé l’équipe de France sur plusieurs points : une addition d’invidualités devant et une défense en chantier. Les deux sélections devraient quand même être au rendez-vous de juin mais ne paieront pas de mine face à l’Espagne ou au Brésil actuels.

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1 comment to Samba do Rosario

  • Barbu Méchant.

    Bravo, belle analyse.

    Juste une remarque sur ton insistance sur la taille des argentins. C’est un critère important dans le football actuel, beaucoup d’équipes ne misent même que là-dessus, mais ce n’est pas non plus primordial quand le talent est là.
    Barcelone est considéré comme une équipe de nains avec Messi, Xavi, Iniesta, Alvès ou encore Bojan.
    Ils ont pourtant tout gagné notamment en éliminant les physiques Bayern, Chelsea et Manchester.

    Or dans la sélection argentine les joueurs les plus petits ont le talent pour mettre à mal n’importe quelle défense, aussi imposante soit-elle.
    Le problème, tu l’as dit, c’est que les joueurs eux-même s’y sont mal pris et surtout que Maradona aurait mieux fait de rester sur son image de joueur (déjà bien égratignée par les à-côtés) que de se lancer dans cette aventure de sélectionneur sans la moindre connaissance tactique. Contrairement à ce que peut dire TF1 (cf France-Argentine), sa seule présence ne suffit pas faire frémir l’adversaire et encore moins à discipliner ses troupes sur le terrain.

    Maradona n’avait pas besoin de rigueur tactique, il faisait ce qu’il voulait sur le terrain. Mais il devrait arrêter de croire que ça vaut pour tous les joueurs.ReplyQuote

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