France 4-2 Russie : la balade de Lassana Diarra

Dans l’ombre de Griezman, Kanté, Payet ou Coman qui ont marqué le match de leur empreinte, un homme a réalisé une très grosse prestation hier sur la pelouse du Stade de France : Lassana Diarra. Certes, il n’a pas affiché son nom au tableau d’affichage et n’a pas fait marquer. Mais dans son rôle devant la défense, il a sans doute récité l’une de ses meilleures partitions personnelles de la saison.

Une statistique résume sa performance face aux Russes : Diarra a été le joueur qui a tenté le plus de dribbles (8) et a réussi un sans-faute dans cet exercice (100%). Il est passé d’un match à 0 dribble contre les Pays-Bas à un match à 8 dribbles contre la Russie. Une progression qui s’explique avant tout par le caractère de l’adversaire : les Russes ont en effet été beaucoup plus agressifs dans la zone de Diarra que les Pays-Bas, comme le montrent les maps ci-dessous.

diarradribbles-paysbastacles

En bleu : les ballons touchés par Diarra face aux Pays-Bas. En orange : les tacles tentés par les Pays-Bas.

diarratouches-russietacles

En orange, les ballons touchés par Diarra. En bleu, les tacles tentés par la Russie.

Vendredi dernier, Lassana Diarra avait passé 45 minutes plutôt tranquilles sur la pelouse de l’Arena d’Amsterdam. Certes, les Pays-Bas lui avaient assigné un garde du corps en la personne de Claassen mais ce dernier mais ce dernier s’était contenté de cadrer le milieu marseillais plutôt que de lui mettre la pression. Résultat, Diarra n’a pas eu à dribbler et a livré une prestation propre (97% de passes réussis et une certaine efficacité dans le jeu long) mais sans étincelle.

A l’inverse, la Russie avaient clairement ciblé le Marseillais hier soir. A plusieurs reprises, il s’est retrouvé face au pressing de Shirokov ou Golovin (quand ce n’était pas les deux). Face à cette pression nouvelle, il a fait appel à ses qualités individuelles pour s’en sortir. D’où les 8 dribbles réussis et des tacleurs russes mis en échec dans sa zone de jeu.

russietacles-diarradribbles

En gris, les dribbles réussis par Diarra ; en bleu, les tacles manqués par les Russes.

Conclusion : 

Les deux dernières sorties de Lassana Diarra sous le maillot bleu permettent de comprendre un peu plus pourquoi il se retrouve aujourd’hui en Ligue 1 à 31 ans malgré des qualités individuelles indéniables. Quand il est pressé, le Marseillais peut sortir à tout moment un dribble de dégagement qui va lui permettre de s’en sortir.

Mais est-ce normal pour un n°6 de se retrouver aussi souvent dans une telle situation ? Face aux Pays-Bas, Diarra avait réalisé une belle prestation mais les Bleus avaient été plus convaincants collectivement en deuxième mi-temps après l’entrée de Kanté à son poste. Pourquoi ? Parce que le milieu de Leicester avait beaucoup plus bougé lorsqu’il n’avait pas le ballon, embarquant son adversaire direct afin créer de l’espace pour ses partenaires dans l’axe (Pogba en tête).

Lire aussi : Lassana Diarra – N’golo Kanté : si proches, si différents

En restant presque toujours dans la même zone (entre ses défenseurs centraux) lorsqu’il n’a pas le ballon, Diarra crée lui-même les situations difficiles dont il doit ensuite se sortir. Evidemment, à chaque fois qu’il s’en tire et enchaîne en jouant vers l’avant, il donne l’impulsion au jeu des Bleus et permet de développer une attaque. Mais ce qui marche face à la Russie et en Ligue 1 peut-il suffire au plus haut niveau européen ? L’Euro 2016 permettra de répondre à cela, mais la carrière de Diarra donne peut-être déjà une première indication.

 

 

Vous aimerez aussi...

1 réponse

  1. Pierre dit :

    Je vais suivre Lass avec un autre oeil désormais. Go on!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *