AJ Auxerre 0-1 Real Madrid : l’analyse au fil du match

Et oui, une fois encore, l’AJA a eu ma préférence pour cette soirée de Ligue des Champions. Ne doutant pas des chances de l’OM et ayant la possibilité de voir le match dans de bonnes conditions, je me suis donc penché sur la réception des Madrilènes de Mourinho à l’Abbé-Deschamps. En me posant les mêmes questions que lorsque les Auxerrois étaient allés à Milan : combien de minutes nécessaires au Real pour faire la différence ? Et comme le Milan, les Espagnols ont failli avoir une bien mauvaise surprise en deuxième période… Heureusement évitée par Di Maria qui a plié la rencontre cinq minutes après son entrée en jeu.

Le premier quart d’heure :

Comme toujours, il nous permet de découvrir les schémas et de deviner le scénario de la rencontre à venir… Si tant est que le gros ne marque pas durant cette période. Comme à Milan, les Auxerrois rentrent plutôt bien dans la rencontre. Histoire de faire face au mieux aux dribbleurs madrilènes, qui adorent repiquer à l’intérieur, Jean Fernandez a positionné Ndinga devant sa défense et le duo Pedretti-Chafni en premiers ralentisseurs devant le Congolais. Du coup, pour la relance, les Bourguignons ne s’embarrassent pas : soit les milieux touchent directement Oliech (5e, sortie de Casillas), soit ils comptent sur la vitesse de Langil et Contout pour effacer le premier rideau madrilène en passant par les côtés.

Madrid maîtrise enfin :

Une fois la frayeur de la 5ème minute passée, les Madrilènes vont petit à petit se mettre en marche. Incapable de créer des décalages au cours du premier quart d’heure, ils vont passer la vitesse supérieure après l’énorme occasion de Higuain sur corner (15e). Maître du rond central, le trio Alonso-Diarra-Khedira va faire office de véritable rampe de lancement des offensives. Au lieu d’écarter immédiatement sur les latéraux (à 40 mètres des buts adverses), les Merengues passent désormais par deux relais : d’abord un travail de fixation des milieux adverses de Diarra (ou Khedira) plein axe, puis un appui sur un attaquant entre les deux lignes avant l’ouverture du jeu sur un côté, généralement pour un latéral décalé (Marcelo / Arbeloa). Les positions de centre se multiplient mais l’AJA reste maître de sa surface de réparation.

Le retour de l’AJA :

Peu avant la mi-temps, Chafni se rapproche d’Oliech. Auxerre termine mieux ces 45 premières minutes et obtient quelques situations (coups de pied arrêtés) dans la moitié de terrain madrilène. Au retour des vestiaires, la rentrée de Jelen va considérablement changer la donne. Le Polonais se fait très remuant et met la pression d’entrée sur la charnière Ramos-Pepe. Premier symbole de cette bonne reprise, le premier corner bourguignon de la partie. Plus important, l’AJA joue plus haut comme en témoigne son point d’équilibre (Ndinga) positionné quinze mètres plus loin des buts de Sorin qu’en première mi-temps. Résultat, l’AJA ressort mieux les ballons et réussit à développer son jeu direct en une ou deux passes vers l’attaquant (59e, déviation de Oliech pour Jelen). Autre conséquence, le Real trouve des espaces dans la profondeur (53e, diagonale de Xabi Alonso pour Arbeloa).

Le coaching, à double tranchant :

Mourinho est le premier à dégainer entre faisant sortir Benzema au profit de Özil (58e). Les conséquences ne se font pas sentir sur la défense auxerroise. Mieux, l’Allemand doit moins se donner défensivement ce qui libère généralement un joueur de couloir bourguignon pour la relance (voir le retour de l’AJA). L’entrée de Di Maria à la place de Diarra (74e) laisse entrevoir une fin de match complètement folle. Mourinho ajoute un quatrième offensif pour une 4-2-3-1… Mais affaiblit aussi un milieu à trois qui avait parfaitement coupé la relation relance-Jelen auxerroise jusque dans les dernières minutes. Sept minutes plus tard, l’Argentin donne raison à son entraîneur en offrant la victoire au Real après avoir été parfaitement décalé. Cinq minutes après, Mourinho assure le coup en ajoutant un milieu de terrain pour retrouver sa formation de départ (Diarra pour Higuain, 86e).

En bref :

– Comme face au Milan AC, Delvin Ndinga a réalisé un match absolument exceptionnel dans l’entrejeu auxerrois. Je doute fortement qu’il passe encore une saison en Bourgogne à ce rythme. Enorme volume de jeu à la récupération et capable d’ouvertures lumineuses…

– Comme face au Milan AC, l’AJA a eu ses opportunités : Oliech qui passe Casillas mais ne rattrape pas le ballon, la tête de Ndinga juste à côté, la tentative de Jelen en fin de match, quelques balles en profondeur intéressantes… Des détails, toujours des détails.

– L’animation offensive du Real mérite peut-être que je m’y attarde dans un prochain billet : Higuain en pointe, Benzema qui travaille sur la ligne d’attaque dans les couloirs et Ronaldo qui apporte le liant milieu-attaque avec sa capacité de percussion. A revoir, par curiosité.

– J’ai entendu après la rencontre que Mourinho se faisait détruire pour la gestion de ce match et notamment le choix du trio Khedira-Alonso-Diarra au milieu au détriment d’un offensif supplémentaire. Il l’avait pourtant dit avant le match : « il connaît parfaitement Auxerre. » Et le résultat lui donne raison.

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