France 3-1 Géorgie : ce qu’il a manqué aux Bleus en première mi-temps

Sans être brillants, les Français ont atteint leur objectif avant le choc à venir face à l’Espagne : battre la Géorgie afin de conserver leur destin en mains. Face à eux, la sélection de Temuri Ketsbaia a fait front pendant 45 minutes : bien organisés défensivement, les Géorgiens ont résisté collectivement aux vagues bleus avant de craquer sur un détail, qui a pris la forme d’un coup-franc parfaitement négocié par le duo Valbuena-Giroud juste avant la pause.

Pas de surprise au coup d’envoi, le 4-4-2 annoncé durant toute la semaine était bien sur la pelouse côté français. Malgré la menace de suspension en cas de carton jaune, Matuidi était titulaire dans l’entrejeu aux côtés de Pogba. En revanche, pas de Koscielny derrière, remplacé par Varane (Lloris – Jallet, Varane, Sakho, Clichy – Valbuena, Pogba, Matuidi, Ribéry – Benzema, Giroud). La véritable question tactique au coup d’envoi concernait l’organisation géorgienne, qui allait devoir contenir les assauts français. Temuri Ketsbaia a finalement fait le choix d’un 4-4-1-1 avec Jano Ananidze en soutien de Mate Vatsadze devant (Loria – Lobzhanidze, Khizanishvili, Amisulashvili, Kverkvelia – Targamadze, Kashia, Daushvili, Kobakhidze – Ananidze – Vatsadze).

Le plan de jeu géorgien :

La Géorgie est bien rentré dans son match, les joueurs se montrant notamment très précis dans leurs placements défensifs. Des quatre Français chargés de la relance, Ananidze et Vatsadze se concentraient sur les deux milieux de terrain, Pogba et Matuidi, en se positionnant à leur hauteur ou juste devant eux. Varane et Sakho bénéficiaient du coup d’une certaine liberté mais le manque de solutions devant eux les obligeaient à jouer latéralement, vers Clichy ou Jallet. Les deux latéraux se sont ainsi retrouvés à réaliser la majorité des lancements de jeu en début de partie.

La Géorgie bloque la relance française : Vatsadze est positionné entre Varane et Pogba. Dans son dos, Daushvili limite la distance avec le milieu de la Juve, au cas où le ballon lui arriverait. Sur la même ligne que Vatsadze, Ananidze est dans la zone de Matuidi et l'empêche d'avancer ou de jouer vers l'avant. Le Parisien est du coup obligé d'écarter vers Clichy, qui bénéficie d'une plus grande liberté.

Face aux latéraux français, les Géorgiens laissaient ensuite venir. Les milieux excentrés reculaient afin d’empêcher les transmissions à destination de Ribéry et Valbuena, qui étaient eux surveillés par les latéraux géorgiens. Les milieux axiaux, eux, coulissaient vers le couloir afin d’enfermer les Français et de compenser les surnombres que pouvaient apporter les attaquants français par leurs déplacements sur la largeur. Les Géorgiens évitaient ainsi à leurs joueurs de couloir de se retrouver en infériorité numérique en cas d’apport de Benzema, Ribéry ou Valbuena sur l’aile. Exemple : si le Madrilène allait offrir une solution côté gauche au duo Ribéry-Clichy, il se retrouvait dans la zone gardée par l’axial droit géorgien.

Dans l’axe, complétant le déplacement de ce dernier, les deux derniers milieux géorgiens bloquaient le coeur du jeu, quitte à abandonner le côté opposé. Si besoin, notamment en cas de projection de Matuidi ou Pogba, Ananidze revenait et s’intégrait dans ce milieu. Dans ce registre, le jeune n°10 a eu beaucoup de travail en première mi-temps, ceci expliquant peut-être sa sortie à la pause. Si, après une première approche, les Bleus parvenaient à ressortir le ballon des 30 mètres géorgiens, c’était au tour de Vatsadze, l’attaquant de pointe, de se replier afin d’éviter qu’un autre milieu français puisse s’avancer vers le but sans opposition.

Si Vatsadze ne se replie pas : après une fixation côté droit qui a entraîné le recul de Ananidze, les Français ont ressorti le ballon sur Pogba. Sans opposition, le milieu de la Juve peut renverser le jeu côté opposé et offrir à Ribéry un un-contre-un à jouer avec le latéral droit géorgien.

Bien en place, les Géorgiens ont réussi à bloquer les Bleus. Ces derniers ont vu leurs approches sur les côtés très bien contenues par l’organisation géorgienne. En attendant que d’autres circuits se mettent en place, les Français ont tout de même su créer le danger en profitant de ballons perdus dans leur propre camp par leurs adversaires (6e : situation favorable pour Valbuena – 8e : raid et tir sur la barre de Ribéry depuis son côté gauche). Les minutes passant, ils ont toutefois perdu cette arme des ballons vite récupérés en raison d’un pressing moins efficace sur la relance géorgienne. Ils étaient dès lors condamnés à trouver d’autres solutions pour prendre à défaut le bloc mis en place par Ketsbaia… tout en se faisant quelques frayeurs (Amisulashvili, 28e – Kobakhidze, 41e).

Les mouvements des attaquants :

Depuis son aile gauche, Ribéry a été le premier à changer la donne en revenant au milieu de terrain pour offrir des solutions à ses partenaires chargés de la relance. Décrochant à hauteur de Pogba et Matuidi, il obligeait les milieux géorgiens à sortir sur lui afin de l’empêcher de se retourner et de prendre de la vitesse. A tour de rôle, Giroud, Benzema et Valbuena y sont aussi allés de leurs décrochages afin d’aspirer les milieux géorgiens loin de leurs défenseurs. Les Français en ont d’abord profité dans l’axe, en tentant de trouver Giroud par la voie des airs. Ses déviations étaient censées retomber dans les pieds de Valbuena, Benzema ou Ribéry qui devaient ensuite enchaîner dans les 30 derniers mètres.

Faire sortir les milieux géorgiens permettait aussi aux Bleus de trouver des espaces sur les côtés pour créer des décalages. En effet, si les axiaux géorgiens avançaient, ils ne pouvaient plus compenser les surnombres que pouvaient créer les attaquants bleus sur les ailes. La rapidité des enchaînements était ensuite capitale pour le bon développement des attaques. Valbuena et Jallet à droite, Ribéry et Clichy à gauche ont tenté d’alerter Giroud mais la défense centrale géorgienne a la plupart du temps pu écarter le danger sans difficulté. Seule une occasion mal conclue par Benzema (15e) a véritablement crée le danger sur les cages de Loria.

Les quatre attaquants français dans l'axe : Ribéry et Benzema sont à hauteur des milieux géorgiens, Valbuena et Giroud sont entre les lignes. Jallet et Clichy compensent en prenant leurs couloirs.

Les minutes passant, les Bleus ont commencé à s’entêter dans l’axe : de leurs positions décrochées, Ribéry ou Benzema recherchaient les appuis de Valbuena et Giroud mais tous s’enferraient à chaque fois dans la défense géorgienne, les tentatives au sol dans de petits périmètres demandant un timing parfait dans les passes et les mouvements. La nécessité pour les premiers cités de bénéficier des relais des seconds entre les lignes enlevait aussi toute possibilité d’appels en profondeur. Dans ce registre, Giroud a été le seul lancé – de loin – dans le dos des défenseurs géorgiens en première mi-temps, sans succès dans le dernier geste (26e).

Des montées à valeur ajoutée :

En vérité, le véritable danger venait de l’arrière et de l’apport des milieux ou des latéraux français. Clichy a été le premier à montrer la voie au coeur de la première mi-temps : sans adversaire dans sa zone, le latéral de City a accéléré balle au pied et profité de l’attentisme des milieux géorgiens, focalisés sur les attaquants français, pour porter le ballon jusque dans la surface et servir Benzema (37e). Toujours côté gauche, Matuidi a évolué dans un registre se rapprochant de ce qu’il peut faire avec le PSG. Plusieurs fois, il a suivi le mouvement et est allé combiner sur l’aile, notamment avec Clichy et Valbuena en cours de première mi-temps. Ses montées permettaient à Benzema et Ribéry de rejoindre Giroud aux avants-postes et donc d’offrir plus de présence dans la surface adverse.

En complément du Parisien, Pogba a récité une partition plus sobre. Moins porté vers l’avant, malgré quelques seconds ballons récupérés à 25 mètres des buts géorgiens, le milieu de la Juve a fait office de plaque tournante et orienté le jeu d’une aile à l’autre en cas de nécessité. A l’instar de la tentative de Clichy, les autres défensifs français (Varane et Jallet en tête) auraient pu faciliter la première mi-temps des Bleus en attaquant la première ligne géorgienne balle au pied, afin de perturber le marquage des deux lignes de quatre derrière. A ce niveau, l’absence de Koscielny, assez coutumier du fait avec Arsenal, a peut-être été préjudiciable. Quoiqu’il en soit, si les Bleus parviennent à conserver la main sur le groupe I mardi soir, ce sera sans aucune doute l’une des choses à améliorer afin de négocier au mieux la dernière ligne droite de ces éliminatoires.

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2 réponses

  1. Cracked dit :

    Tu as souligné l’apport des remplaçants dans ta dernière vidéo ; que penses-tu de l’entrée de Rémy ?

  2. A partir du moment où le match était plié, je n’ai plus regardé attentivement la rencontre. Donc je n’en pense rien. L’apport des remplaçants aurait été intéressant à 0-0. Là, c’était juste pour faire tourner l’effectif.

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